Ce sera la durée de la majorité conservatrice. Ou de la première majorité conservatrice. Parce que ces quatre années seront amplement suffisantes pour défigurer complètement la démocratie canadienne, pour mettre des mines sur la trajectoire des dissidents, pour éliminer la raison politique et créer une nouvelle monarchie allianciste. Harper a la prétention de transformer le régime conservateur en natural governing party, un parti naturel de gouvernement, et quelle meilleure façon pour le faire que d’éliminer toute concurrence.
Un monopole de la démocratie. Choisissez qui vous voulez, du moment que c’est moi. Ou, alternativement, moi.
1 400 jours. Je n’ose pas imaginer le nombre astronomique de mauvaises décisions que cela peut représenter pour quelqu'un qui considère que la science est un outil de gauche, qui affirme que la discussion est un jeu partisan, qui se cache derrière du barbelé pour éviter le regard du kodak. Je n’arrive même pas à être cinglant ou fâché ou violent – ça m’est facile habituellement – parce que je suis toujours à terre, sous le poids de toutes les possibilités, qui deviennent tranquillement des certitudes, de ce qui sera. Et je n’arrive pas à crier, parce que je me noie.
Je me fous présentement de la droite ou de la gauche économique. Je me fous présentement de la meilleure façon de sortir ce plusse meilleur pays au monde de l’impact le moins pire au monde de la crise économique. J’en ai rien à glander des philosophies économiques qui remontent au XVIIIe siècle sous d’autres noms. Le plan d’action du Canada, je me le fous bien cana-bas. Parce qu’avant d’en arriver là, il y a un foutu problème plus grand.
Parce que la démocratie a besoin d’être respectée, même lorsqu’elle est aussi imparfaite (ou inacceptable) qu’elle peut l’être quand plus de six personnes sur dix veulent pas-le-gouvernement-élu. Elle doit l’être constamment. On peut s’engueuler sur les causes, les moyens, les tenants et les aboutissants, sur les qui du pourquoi quand le comment était où. Mais on doit s’entendre sur le Quoi. C’est le Quoi qui importe. Ce Quoi, c’est la réalité, c’est la vérité, c’est les données, c’est la rationalité avant que l’émotion l’aie lichée. C’est ce qui n’est pas partisan.
Mais quand la partisanerie peint la réalité, quand le parti détourne la vérité, quand on coupe dans la mesure des données, et quand la raison devient un défaut… Le débat prend un sens, un contresens, et va se fracasser dans un face-à-face plastique qui ne fait que répéter des inanités.
Quelques souvenirs :
Réalité : Lorsqu’on a demandé à Gary Goodyear, alors ministre des Sciences et Technologie s’il croyait en l’évolution, il a répondu : « Je suis chrétien et je ne crois pas que ce soit approprié de me poser une question sur ma religion »
Vérité : Le gouvernement minoritaire de Harper a décidé soudainement que son personnel politique était au-dessus de la loi et ne pouvait témoigner devant des comités parlementaires, et aura même permis à Dimitri Soudas de se cacher lors de sa convocation par un huissier
Données : Le ministre responsable de Statistique Canada, Tony Clement, a torpillé le questionnaire dit « long » du recensement pour des causes obscures et après avoir menti en disant que c’était là la recommandation de Stat/Can, ce qui a mené à la démission du Statisticien en chef du Canada, Munir Sheikh
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Les conservateurs sont hors de la réalité, cachent la vérité, trafiquent les données… Et méprisent la raison. Comment, alors, discuter?
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